vernissage vendredi 27/06/2014, 18h
avec Cécile Beau, Émilie Brout & Maxime Marion, Jean-Baptiste Caron,
Caroline Delieutraz, Sang-Sobi Homme, Claudia Larcher, Lucie Le Bouder, Leopoldo Mazzoleni, Laurent Pernot, Géraud Soulhiol, Claire Trotignon
avec Cécile Beau, Émilie Brout & Maxime Marion, Jean-Baptiste Caron,
Caroline Delieutraz, Sang-Sobi Homme, Claudia Larcher, Lucie Le Bouder, Leopoldo Mazzoleni, Laurent Pernot, Géraud Soulhiol, Claire Trotignon
curateur : Rosario Caltabiano
"Well, art is art, isn't it? Still, on the other hand, water is water!"
[Groucho Marx]
Claire Trotignon, Pool #6, Pool #4, Pool #3, 2014, série Technicolor, Sérigraphie aquarellée, 30 x 42 cm, Courtesy galerie
De Roussan, Paris
Claire Trotignon
s'intéresse à l'architecture, aux notions d'intérieur/extérieur, aux espaces
privé/public, à la cohabitation entre nature et culture, à l’architecture
moderniste dont l’essence et les formes reposent sur une philosophie utopique.
Technicolor est une série constituée de collages retouchés au crayon, serigraphiés
puis rehaussée à l'aquerelle. La série représente des images de piscines,
seules, extraites de leur contexte. Comme des fragments creusés dans le papier.
L'image déconstruite perd sa notion d'échelle et se lit comme un bas relief où
le creux retient la couleur.
Cécile Beau, Vallen,
2009, Bois, encre de chine, dispositif sonore, 120 x 100 cm
Le travail de Cécile Beau
se compose souvent d'installations où le son, l'image et l'objet entretiennent
des rapports multiples, parfois contradictoires. Le nom "Vallen"
signifie "tomber" en néerlandais. Une goutte d’eau semble tomber du
plafond dans une flaque d’eau sombre. On entend de manière aléatoire le bruit
de la goutte suivie par la formation de cercles concentriques sur la flaque.
Pourtant à bien y regarder, Vallen est une illusion : la goutte d’eau n’est
nulle part, il n’y a que l’invitation au spectateur à l’imaginer ou à
perdre tous repères. Une œuvre hypnotique qui se laisse méditer dans un cycle
évanescent où le temps est comme suspendu.
Emilie Brout & Maxime Marion, Le Tour du monde en instantané, 2013, (Tropique du Capricorne),Digigraphies,
papier Hahnemühle et Dibond, 120 x 68 cm
Le Tour du monde en
instantané regroupe différentes séries de photographies opérant une
objectivation du paysage sur un axe donné du globe terrestre (méridien ou
parallèle).
Chaque image est le fruit de la fusion de centaines de captures prises tout autour de la terre selon un protocole précis. Sorte d’image moyenne de tous les paysages possibles pour chaque axe, elles donnent à voir une persistance rétinienne d’un monde dont on aurait pu faire le tour le temps d’un clin d’œil.
Si cette démarche s’avère
impossible à réaliser concrètement, elle est rendue possible par un déplacement
de la prise de vue au sein de Google Earth, logiciel de cartographie
ultra-réaliste constitué de photographies satellitaires.Chaque image est le fruit de la fusion de centaines de captures prises tout autour de la terre selon un protocole précis. Sorte d’image moyenne de tous les paysages possibles pour chaque axe, elles donnent à voir une persistance rétinienne d’un monde dont on aurait pu faire le tour le temps d’un clin d’œil.
Caroline Delieutraz, The
fish (screensaver), 2014, vidéo en boucle.
Le travail de Caroline
Delieutraz porte sur la circulation des images et l'impact de cette fluidité
sur notre rapport au monde.
La vidéo The fish est un économiseur d'écran qui
montre un paysage archétypal, affecté par des événements étranges. Il s'agit
d'une image de calendrier trouvée dans la rue et rephotographiée. Les effets
spéciaux grossiers appliqués à cette image ont été puisés en ligne dans des
"stocks" de vidéos gratuites.
La matérialité de
l'image désamorce son aspect artificiel sans lui faire perdre pour autant son
potentiel d’évasion.
Jean-Baptiste Caron, And
if Nothing Had Ever Been, 2014, Miroir, traitement anti-buée, Ø 40 cm
L’œuvre And if Nothing Had Ever Been… se
présente sous la forme d’un simple miroir ; en l’effleurant de son
souffle le spectateur fait apparaître une phrase avant de la voir disparaître
aussitôt. Le temps d’un instant s’offre à nous la possibilité d’entrevoir une
autre dimension, de basculer vers un ailleurs, qu’il soit imaginaire ou bien
introspectif.
Cette technique convoque
quelque chose de l’ordre de l’immatériel, manifesté par la buée exhalée par le
souffle de chaque visiteur. C’est ce lien au souffle qui intéresse l’artiste
dans ce rapport qu’il entretient avec la vie, tout autant que l’eau vis-à-vis
du vivant.
Sang-Sobi Homme, Soif,
2009, Bois, 4 x 2,5 x 50 cm
"Un
jour, j'étais dans le train pour aller vers une région du centre de la
France. J'ai regardé le paysage par la fenêtre : une machine inconnue que
je ne connaissais pas faisait jaillir de l'eau sur un grand terrain. L'eau
sortait par interruptions et s'envolait loin, avec force, suivant la forme d'un
arc en plein cintre. C'était comme si la terre avait soif et qu'elle
buvait l'eau en ouvrant grand sa bouche. Mais étrangement, cette scène
était aussi très sensuelle pour moi. À ce moment là, j'ai eu
l'illusion que l'eau envolée avait gelé dans l'air... Et j'ai sculpté l'image
de cet instant. "
Géraud Soulhiol, Les Châteaux Toboggans (série
-Terre!), 2014, Porte-mine et
aquarelle sur papier Canson, passe-partout circulaire diamètre 26 cm, 50 x 50
cm
Les œuvres de Géraud
Soulhiol relèvent de la cartographie, du paysage et de l’architecture en se
déployant comme autant d’indices nous permettant d’entrer dans ce territoire
hétérotopique.
La série – Terre ! évoque des territoires lointains, des îles flottantes dans
notre esprit, la mer est invisible autour mais on la devine. En scrutant
l’horizon à l’aide d’une longue-vue d’un lointain bateau, une architecture
onirique émerge, un monde parallèle au nôtre qui reprend de toute évidence
l’imagerie enfantine de l’artiste, les allégories fantastiques et les
miniatures médiévales. Avec raffinement Géraud Soulhiol questionne la trace
laissée par l’homme sur son “décor de vie".
Claudia Larcher, Série Ishinomaki,
2013, Landscape No 01-06,
Photomontages, dimensions variables
A la suite d’une
résidence de recherche au Japon en automne 2013, Claudia Larcher a visité
Fukushima et les régions de Tohoku. Les villes de Futaba, Rikuzentakata et
Ishinomaki sont celles qui furent le plus durement touchées par le tremblement
de terre et le tsunami qui le suivit en mars 2011. Depuis cela, deux années se
sont écoulées et le nettoyage est presque terminé. Cependant, dans les régions
les plus affectées, il n’y a toujours pas de constructions récentes. Soit parce
que leurs propriétaires sont morts ou portés disparus, soit parce que les
personnes endeuillées craignent un nouveau désastre dans un futur proche et ont
déménagé vers l’intérieur des terres. Ce qu’il reste sur la côte n’est qu’une
immensité étrange et utopique où la végétation reste inchangée. Les contours
des bâtiments emportés par le tsunami sont toujours visibles. Seules quelques
habitations sont toujours là, pour nous souvenir du passé.
Lucie Le Bouder, Infiltration,
2014, Plaques de plâtre, rail métallique, eau, 300 x 277 cm
"Infiltration"
est une réponse à l'exposition Still Water. Cette installation faite en plaque
de plâtre hydrofuge est un mur qui traverse l’espace de la galerie. Les plaques
de plâtre ont bu de l'eau pendant plusieurs semaines dans une cave humide.
Elles refont surface dans l'espace de la galerie, au sec, mais finalement
gorgées d'eau. L'installation "infiltration" crée un barrage, une
protection, bien que fragilisée par l'eau qu'elle contient et qui l'entoure.
Laurent Pernot, Un chemin,
série Natures Mortes, Tableau trouvé,
neige artificielle, résine, matériaux divers, 31 x 32 x 8 cm, Courtesy galerie
Odile Ouizeman, Paris
L’eau est présente sous
forme de glace et de neige dans la série Nature
morte de Laurent Pernot. Une nature qui ne vivra plus dans la glace,
prisonnière du temps elle restera aussi préservée dans une jeunesse éternelle,
inchangée, originelle. L’œuvre de Laurent Pernot évoque souvent des lieux
abandonnés, où la présence de vie se fait très rare, leurs traces suggèrent un
lointain passé de royaumes de légende ou de contes de fée. Les frontières entre
réalité et mythe
sont brouillées pour toujours dans une atmosphère onirique.
Leopoldo Mazzoleni, Senza
titolo, 2014, Verre, eau, pigments colorés, silicone, 65 x diamètre 14 cm
En
constatant que l'eau prend forme uniquement à l'intérieur d'un récipient,
l’œuvre devient un travail sur les formes, sur les espaces et sur la manière
dont laquelle les espaces s’influencent et se rapportent les uns aux autres. La
coloration de l'eau, grâce à l'absorption de pigments présents dans des
morceaux de papier de couleur, l'assemblage et la composition des contenants de
verre et la disposition de l'eau colorée avec sa transparence en leur
intérieur, sont utilisés comme éléments syntaxiques pour introduire une
dimension de relation de similitudes et de contrastes.









